La Chine de San-Antonio 圣.安多牛之神州

Frédéric Dard, le plus grand écrivain français du XXème siècle (cet avis n’engage que moi) semble n’avoir jamais mis les orteils en Chine, sinon peut-être à Hongkong ou Macao, du « temps des colonies ». Et pourtant, il fait référence dans chacun de ses ouvrages à ce pays qu’il n’a connu que par procuration, comme des auteurs qui l’ont précédé et que cite Marion Decôme dans sa thèse.

Ce Dauphinois bon teint, auteur de romans policiers ou d’espionnage, entre autres, n’a sans doute pas même rencontré de Chinois dans les rues de Saint-Chef, ni de Bourgoin ou de Jallieu, à l’époque où il y usait ses culottes courtes. Pourtant quelle influence !

L’image que nous renvoie notre auteur est loin de celle que véhiculaient Emile Driant ou Paul d’Ivoi. Tout n’est certes pas rose au-delà du rideau de bambou, mais généralement, le Chinois est présenté comme intelligent, besogneux, rusé. On notera toutefois que San-Antonio est laudatif, alors que son compère Bérurier a une piètre opinion de ceux qu’il appelle les Safranés. Octave Mirbeau a si bien popularisé le personnage du bourreau (raffiné dans son art) que Dard n’y échappe pas, certes (à moins qu’il n’ait lu Fernao Mendes Pinto, qui décrit à la fin du XVIe siècle, dans ses voyages aventureux, les sévices auxquels il aurait été soumis), mais les arts traditionnels (théâtre d’ombre, soie, porcelaine…) sont maintes fois cités comme des merveilles. Quant aux noms des Chinois, le jeu est infini (Lang Fou Ré, le cousin de Vao Dan Sin, par exemple) ; cependant à l’heure où eux-mêmes inversent nom et prénom (parlez leur de Zedong Mao ou Enlai Zhou), rien n’est interdit.

Mais plutôt que de longs discours, voici les occurrences de la Chine dans un florilège de San-Antonio. Le choix des œuvres répertoriées, toutes publiées au Fleuve Noir, a été dicté par un soucis d’impartialité : chaque décennie (au moins cinq, de 1949 avec Réglez lui son compte à 2000, avec Napoléon Pommier) a été analysée afin de savoir si cette technique de l’auteur était périodique ou constante (aucun ouvrage lu ne fait l’économie de la Chine, en tout cas) et si l’avis de Dard avait varié au fil des ans.

Le tableau est classé selon des mots-clés (colonne de droite) subjectifs, mais ce système semble plus pertinent qu’une liste chronologique.

 

année titre citation page Mot-clé
1955 Le fil à couper le beurre Il œuvre rapidos, avec des gestes vifs et précis de pédicure chinois. p. 65 adresse
1966 Deuil express Et lui, pour les attacher, il avait un sens tactile de chirurgien chinois. p. 14 adresse
1965 Tango chinetoque C’est comme le musc. Ne jamais oublier l’ambre dans un ouvrage traitant de la Chine, fût-ce une san-antoniaiserie ! p. 112 ambre
1949 Réglez-lui son compte (premier San-Antonio) Le Chinetoque me regarde de biais. Il ressemble à un vieux matou de salon. p. 25 aspect
1966 Deuil express Je regarde les deux Jaunes. Ils ont quelque chose de terrible. Leur masque est impénétrable comme ces masques de bouddha qu’on rencontre chez les antiquaires. p. 195 aspect
1976 Si « queue d’âne » m’était conté Deuxio, ceux qu’a disparu, d’diams, c’est ceux qu’étaient sortilles d’son coffiot mural secret dont ell’place devant un tableau d’toute beauté de Jean-Gabriel Domerde qui r’présente une ravissante dame aux yeux verts, en virgule chinoise. p. 381 aspect
1983 Va donc m’attendre chez plumeau Faut dire que pour les Blanchâtres que nous sommes, les Jaunes et les Noirs se ressemblent comme un paquet de Bonux à un autre. p. 142 aspect
1987 Galantine de volaille pour dames frivoles Les Jaunes, on ne sait pas quand ils rougissent. Tout est infiniment secret chez eux. p. 23 aspect
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore Tu sais, les Chinagos, c’est pas dans les restaus de Saint-Germain-des-Prés que tu peux t’en faire une idée précise. p. 144 aspect
1999 Lâche-le, il tiendra tout seul (dernier San-Antonio) Du coup, il forme la pagode chinoise avec ses deux sourcils. p. 96 aspect
2000 Napoléon Pommier (dernier Hors série) Ses yeux pâles ressemblent à ceux de l’épagneul tibétain, en moins expressifs. p. 39 aspect
2000 Napoléon Pommier (dernier Hors série) Le planton est d’origine asiate, cela se devine à son teint jaune, à ses yeux bridés et à sa perplexité de Bouddha ne sachant quel de ses bras utiliser pour tirer un bras d’honneur à Mahomet. p.116 aspect
2000 Napoléon Pommier (dernier Hors série) Ses yeux obliques se débridèrent, peut-être rougit-il pendant qu’il y était, mais avec ces Safranés, va donc savoir… p.121 aspect
1987 Galantine de volaille pour dames frivoles J’imagine une haie de flics au garde-à-vous en train de se laisser décapiter à coups de yatagan par ce grave personnage. Style bourreau chinois dans une exécution de masse. p. 35 bourreau
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore Peu après, les laquais des canards (Jeu de mots intraduisible en chinois) branchent leur putain de batteuse. p. 73 canard de Pékin
1965 Tango chinetoque Il n’insiste pas. Les Chinois savent mettre leur mouchoir par-dessus leur amour propre. p. 113 caractère
1949 Réglez-lui son compte (premier San-Antonio) Et si j’y réponds, face de pékinois, qu’est-ce que tu m’offres en échange ? p. 173 chien pékinois
1949 Réglez-lui son compte (premier San-Antonio) Il est accompagné d’un couple de copains : une belle rousse assez vulgaire et un bonhomme qui a eu des pékinois et des ours bruns parmi ses aïeux. p. 221 chien pékinois
1965 Tango chinetoque Ce sont d’assez belles constructions, survivance de l’époque où la Chine était entre les mains des vipères lubriques. p. 199 Chine
1973 J’ai essayé : on peut Et pan ! Sur la Chine, scrafez-moi donc trois cent millions de jaunets. p. 92 Chine
1999 Lâche-le, il tiendra tout seul (dernier San-Antonio) Il recélait, dans sa trousse de toilette, un petit pot d’onguent qu’une de ses conquêtes avait ramené de Chine. p. 47 Chine
1968 San-Antonio chez les gones Je compose les six numéros, mais la sonnerie ne résonne qu’à deux reprises et c’est la Chinoise des Japonais absents qui me répond. p. 106 Chinois
1972 Les doigts dans le nez Vous ne trouvez pas curieux, Favier, qu’on ait flingué ce chinois et qu’il ait conservé ses lunettes ? p. 34 Chinois
1975 Maman, les petits bateaux Dis, t’as vu Persépolis ? Non, j’ai vu percer personne ! Chinois ! p. 63 Chinois
1983 Va donc m’attendre chez plumeau Qu’ils l’aient obtenu ou pas, ils ont décidé de monter tout un mimodrame pour feinter les Chinois. p. 210 Chinois
1992 Le silence des homards La petite Chinoise, elle, te massait les roustons. Les tiens sont durs comme des châtaignes. Moi qui suis native de l’Ardèche, je peux te le certifier. p. 24 Chinois
2000 Napoléon Pommier (dernier Hors série) Le Chenu, flanqué d’un aimable Jaunet, arrive en titubant un tant soit peu jusqu’à mon carrosse. p.124 Chinois
1985 Laissez pousser les asperges Il a sa technique chinoise des ongles-poignards, plus une alliée armée d’un Colt. p. 207 combat
1972 Les doigts dans le nez Un quelque chose de dur qu’on pourrait glisser à l’intérieur d’un boîtier ! Ça doit être chinois ! p. 172 compli-cation
1949 Réglez-lui son compte (premier San-Antonio) Je fouille les poches des pauvres nippes de Confucius. p. 66 confucius
1949 Réglez-lui son compte (premier San-Antonio) Je me penche sur Su-Chang ; le pauvre Confucius est aussi mort qu’une escalope panée. p.35 confucius
1974 Les prédictions de Nostrabérus Pauvres z’éléphants ! Porte-parapluies ! Et leurs nobles ratiches ! Bateau chinois. Sampang. Coolies d’automate. p. 119 coolie
1949 Réglez-lui son compte (premier San-Antonio) Lorsque je l’ai menacé, il est devenu tout vert — ce qui est la façon de rougir des Chinois. p. 119 couleur
1949 Réglez-lui son compte (premier San-Antonio) Mais je me méfie ; ce frère-la-jaunisse essayerait-il de me tendre un piège ? p. 35 couleur
1972 Les doigts dans le nez Fernand, qui radinait avec un nouveau complet violet-indigestion, en est resté comme quinze mètres de crêpe de Chine sur un rayon. p. 14 crêpe de Chine
1954 Bas les pattes ! Un essaim de balles pénètre dans le vestibule et va secouer une potiche pseudo-chinoise qui trônait sur une console. p. 240 décoration
1976 Si « queue d’âne » m’était conté L’bas d’sa boutique, à la Rosier, c’tait un immense livinge tout en noir, av’c des meub’ chinois et des conneries en tout genre. p. 341 décoration
1976 Si « queue d’âne » m’était conté Et y’avait partout de grosses lampes chin’toques à abat-jour roses. p. 341 décoration
1976 Si « queue d’âne » m’était conté Les estyles, ça ne m’a jamais beaucoup passionné, mais j’peux t’assurer que chinois, alors j’dégueule. p. 341 décoration
1976 Si « queue d’âne » m’était conté Pourvu qu’ils tupinent pas ses alcools ni n’brisassent ses chinoiseries, elle s’en tamponnait, la chère Betty. p. 367 décoration
1983 Va donc m’attendre chez plumeau Deux êtres petits, qui font songer à un serre-livres chinois. p. 21 décoration
1992 Y en avait dans les pâtes Il est vraisemblable que cette femme n’a pas été tuée dans une voiture, mais sur un tapis chinois de médiocre qualité. p. 67 décoration
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore Je reste dans ma luxuxueuse carrée garnie de satin et de trucs-machins chinoisants qui flanqueraient la chiasse verte à un mouflon. p. 163 décoration
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore Manière de fuir ses yeux acérés, je contemple une magnifique collection de statuettes d’ivoire datant de l’époque Ping-Pong, plus particulièrement un groupe de trois Chinagos occupés à se sodomiser courtoisement. p. 216 décoration
2000 Napoléon Pommier (dernier Hors série) Le regard est noir, les sourcils peints façon porcelaine chinoise, le bustier kif un airbag crevé. p.139 décoration
2000 Napoléon Pommier (dernier Hors série) C’est un produit toxique et hallucinogène extrait d’une plante mexicaine, m’informe-t-elle d’une voix si mélodieuse que la peau de mon testicule droit se craquelle comme une potiche chinoise de l’époque Ming. p.52 décoration
1949 Réglez-lui son compte (premier San-Antonio) Maintenant, la nuit est noire comme une bonbonne d’encre de Chine. p. 39 encre
1967 Béru contre San-Antonio […], qu’on lui trempe sa rosette dans de l’encre de Chine, qu’on le chine, qu’on entre chez lui sans frapper, […] p. 33 encre
1967 Béru contre San-Antonio Toute personne normale, se trouvant dans ma situation, commencerait par se faire un sang d’encre de Chine et se démantèlerait le cervelet pour trouver un moyen d’en sortir, non ? p. 92 encre
1972 Les doigts dans le nez Quelle bouteille à encre de Chine ! p. 164 encre
1992 Le silence des homards Il y a du bleu dans le milieu, avec un serti à l’encre de Chine. p. 55 encre
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore J’avise une chouette Asiate, au visage de porcelaine, bouche délicatement carminée, de l’ocre aux yeux,et probablement peu de poils au fion, le système fourré des Asiates s’avérant chétif. p. 19 femme
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore Mon hund avait tellement besoin de libérer sa vessie que t’aurais cru la source du Yang-Tseu-Kiang. p. 105 fleuve
1976 Si « queue d’âne » m’était conté On s’rait été en Chine où c’qu’on clape les cadors, j’l’y aurais dit banco, comme pou’ l’merle des Indes, mais comme les Chin’toques sont point encore en vue, j’réponds qu’son clébard, j’voye rien pou’ son av’nir dans mes r’lations. p. 332 gastro-nomie
1976 Si « queue d’âne » m’était conté Moi, le chin’toque, à part certains restaurants décorés d’dragons merdeux et qu’a écrit « merde à ces cons d’clients » en caractères chinois dorés sur chaqu’mur, j’peux pas piffer. p. 341 gastro-nomie
1992 Le silence des homards Moi, découiller dans ces conditions, j’aime mieux aller au cinéma ou au restaurant chinois. p. 85 gastronomie
1965 Tango chinetoque S’ils avaient disposé de ce matériel perfectionné au moment où ils bâtissaient leur Grande Muraille, les Chinois, on les aurait jamais plus revus, tellement qu’ils l’auraient édifié haut et large leur mur. p. 78 grande muraille
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore Lesté du riboustin (il date des 40 jours de Pékin), je me repointe à la Jaguar. p. 75 guerre
1965 Tango chinetoque Ca bouleverse toutes les données, biscotte on ne les croyait pas évolués à ce point, les pères La Jaunisse. p. 21 jaunisse
1965 Tango chinetoque Malgré leur flegme asiatique, ils sont un peu babas, les Chinetoques. Ils vont en attraper la jaunisse ! p. 238 jaunisse
1975 Maman, les petits bateaux On serait dans un film chinois, je leur ferais la toute belle séance de kung-fu ; tu sais ? Le mec qui, à mains nues, affronte cent mitrailleurs d’élite et les extermine le temps que t’ailles lâcher un fil, comme on dit en Romandie. p. 33 kungfu
1965 Tango chinetoque Dans les bouquins de mon enfance, les Chinois parlaient toujours avec des fioritures à chaque phrase. p. 120 langue
1965 Tango chinetoque Ils chantent l’hymne fameux des travailleurs chinois Chi Pao Li Cé Pâ Bo Mon Kiki (dont la version française est en cours de traduction afin d’être enseigné dans nos écoles). p. 158 langue
1965 Tango chinetoque Kétu-foû lao grang kong, s’écrie-t-il, soit à l’adresse de Béru, soit poste restante. p. 83 langue
1967 Béru contre San-Antonio Les clients itou radinent, se demandant en anglais, […] hindoustani, chinois, japonais, congolais, guyanais, finnois et en aparté, ce qui se passe. p. 66 langue
1967 Béru contre San-Antonio Au point que le dictionnaire Larousse a l’air d’un annuaire chinois à côté de moi, mon petit, rétorquai-je. p. 71 langue
1973 J’ai essayé : on peut « Quand et où ? Quand et où ? » si fort, si vite qu’on croirait un employé des chemins de fer chinois annonçant une station : « Kanthéou ! Kanthéou (tout le monde descend). p. 53 langue
1988 Baisse la pression, tu me les gonfles ! Excepté le japonais, le chinois, le sanscrit, le zanzibarien et le sourd-muet, il s’écrit presque partout de la même façon. p. 191 langue
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore Ça cause chinois, ou un patois du genre. C’est rapide, guttural et ponctué de légers coups de cymbales. p. 138 langue
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore Ils jactent dans la langue de Confucius. Quand j’étais môme, mes parents m’avaient acheté un pianio produisant des sons à peu près identiques. p. 146 langue
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore A force de m’énucléer pour capter l’endroit, je finis par découvrir un vieux magot semblable à ceux des ivoires « ouvragés », dont la barbe pendait jusqu’à ses testicules, un gros mec plus obèse qu’un lutteur japonouille et trois fillettes s’échelonnant de treize à seize ans. p. 176 magot
1999 Lâche-le, il tiendra tout seul (dernier San-Antonio) Le gendarme parvint devant un très veil homme à barbe longue et soyeuse comme celle de quelque magot chinios. p. 199 magot
1968 San-Antonio chez les gones Le bouton du Mandarin a été inventé pour des chétifs du bulbe comme lui. p. 134 mandarin
1976 Si « queue d’âne » m’était conté Ca les enchie de craquer ce beau pactole, mais y gaffent pour leurs osselets ! Vivement Mao, qu’on se marre ! p. 44 Mao Zedong
1983 Va donc m’attendre chez plumeau Il avait quelque chose à voir avec l’Asie ? Le Viêt-Nam, par exemple ? La Mandchourie ? Le Japon ? Formose ? La veuve Mao ? p. 160 Mao Zedong
1988 Baisse la pression, tu me les gonfles ! On dirait une photo couleur de Maho Sait-Tout ! p. 149 Mao Zedong
1949 Réglez-lui son compte (premier San-Antonio) Il s’appelle Su-Chang et habite rue Saint-Ferréol. p. 26 nom
1957 Les anges se font plumer Comme me disait Sal-Si-Fi, mon pédicure chinois : « La chaleur dilate les cors ! » p. 163 nom
1965 Tango chinetoque Lang Fou Ré s’approche de l’arrivante, frotte son nez contre le sien et se retourne : « Je vous présente ma cousine Vao Dan Sin. » p. 112 nom
1965 Tango chinetoque Alors, fermant la marche, voici une voiture décapotable de marque chinoise (une Peû-Jo) dans laquelle se tient un officiel de permanence. p. 80 nom
1965 Tango chinetoque On a beau dire, mais la distance contribue à l’éloignement, comme disait le grand philosophe chinois Lâ Pâ Lis. p. 91 nom
1983 Va donc m’attendre chez plumeau …, et de Tupu Duku, l’illusionniste chinois qui est parvenu à dérider la reine Fabiola avec un fer à repasser magique. p. 42 nom
1987 Galantine de volaille pour dames frivoles Et moi qui croyais qu’elle se nommait « Fleur-de-Lotus-irisé-par-le-soleil-couchant » ou un machin de ce tonneau. p.22 nom
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore Il est accompagné d’une mignonne entraîneuse au nom poétique de Gling-Gling, ce qui, traduit du mandarin, signifie : « éjacualtion matinale sur une feuille de nénuphar ». p. 13 nom
2000 Napoléon Pommier (dernier Hors série) Dans le scrupuleux rapport établi par Tu Chi O Po, ce dernier avait consigné la visite d’un infirmier dans la chambre de Ma Gloire. p.120 nom
1954 Mes hommages à la donzelle Foncer par la lourde entrouverte serait la dernière chose à faire, ma silhouette massive se découperait en ombre chinoise, offrant ainsi à Boris Karloff l’occasion de réussir un beau carton. p. 157 ombre
1954 Mes hommages à la donzelle Je distingue une gigantesque silhouette en ombre chinoise. p. 176 ombre
1968 San-Antonio chez les gones Dans la bagnole, les gamins font « au secours » avec les mains, ce qui donne un intéressant jeu d’ombres chinoises sur le mur du fond car le soleil rentre à Jean Giono. p. 230 ombre
1972 Les doigts dans le nez Je me déguiserai en ombre chinoise et je priserai de la poudre d’escampette…. p. 125 ombre
1972 Les doigts dans le nez Elle n’a pas fermé les volets et, derrière un rideau, je vois deux ombres chinoises qui font du cinéma… p. 136 ombre
1995 Le pétomane ne répond plus Je distingue une ombre chinoise devant la fenêtre ; celle d’Edith. p. 134 ombre
1957 Les anges se font plumer Seulement, auparavant (comme disent les Chinois) je dois m’entourer, non seulement d’une ceinture de flanelle, mais aussi de certaines précautions. p. 159 paravent
1965 Tango chinetoque Auparavant (chinois) le plus dégourdoche nous indique que nous devons essuyer le sang de notre visage et nous défaire de nos vêtements en lambeaux. p. 159 paravent
1968 San-Antonio chez les gones Mais auparavant, comme disent les Chinois, je voudrais vous poser quelques questions. p. 204 paravent
1983 Va donc m’attendre chez plumeau de l’autre côté de son paravent (chinois ?) qui nous sépare. p. 216 paravent
1976 Si « queue d’âne » m’était conté j’tourne le bouton, j’vois la gueule faisandée d’un pékin qu’est en train d’s’raconter, vite, je referme. p. 112 pékin
1976 Si « queue d’âne » m’était conté Bien plus grand que tous les pékins tricolorés qui l’escortaient. p. 27 pékin
1976 Si « queue d’âne » m’était conté On fait tintin d’France, nous aut’ pékins. p. 43 pékin
1965 Tango chinetoque On s’en rend compte tout de suite que le péril jaune en la demeure, c’est pas du bluff, de l’invention journaleuse, mais que ça existe pour de bon. p. 78 péril jaune
1976 Si « queue d’âne » m’était conté Y’a des mecs, tu leur causes du périple jaune, y z’haussent les épaules. p. 330 péril jaune
1976 Si « queue d’âne » m’était conté Mais l’jour qu’ça sera des vrais Chin’toques d’Chine, nous comprendrons notre douleur tous autant qu’y sont ! p. 331 péril jaune
1976 Si « queue d’âne » m’était conté Qu’est-ce y z’attendent, les Chin’toques, pour se pointer, dedieu de foutre ? Depuis l’temps qu’on les espère. p. 44 péril jaune
1979 Mon culte sur la commode Elle se gênait moins des Chinois, la chérie. Pour elle, c’était juste des coolies d’automate, clappeurs de riz (un bol par semaine) traîneurs de pousse-pousse, bouclarés derrière leur Grande Muraille. [par rapport aux Japonais] p. 39 péril jaune
1983 Va donc m’attendre chez plumeau D’après ce que j’ai cru comprendre, cela concernerait un plan d’invasion générale de l’U.R.S.S. par la Chine, le Japon, la Corée du Sud, le Pakistan et je ne sais encore qui. p. 208 péril jaune
1987 Galantine de volaille pour dames frivoles La concierge médusée, sa culotte aux chevilles (Béru, merci !) est sous le porche, comme une infante mineure violée par des hordes venues d’Asie. p. 215 péril jaune
1992 Y en avait dans les pâtes Le péril jaune, on avait pas pigé : c’est pas les Chinetoques mais les louis d’or ! p. 66 péril jaune
1965 Tango chinetoque Est-ce par osmose ? Toujours est-il que Béru se met à rire jaune depuis qu’il est en Chine ! p. 183 rire
1965 Tango chinetoque Il va pourrir, leur riz, s’ils le font pousser dans la flotte, prophétise Béru, et ça sera bien fait pour leur gu….! p. 222 riz
1988 Baisse la pression, tu me les gonfles ! De même que les Chinois ont les yeux bridés parce qu’ils bouffent trop de riz, ce qui les fait grimacer quand ils vont à la selle, le gus d’à présent a la bouille contractée par les vicissitudes et les contraintes. p. 101 riz
1965 Tango chinetoque Lorsqu’il a décrassé la tortore à tonton, Lang Fou Ré émet quelques-uns de ces rots bruyants dont les Chinois et les grumeurs d’eau Perrier ont le secret. p. 113 rot
2000 Napoléon Pommier (dernier Hors série) Des combines qu’l’plus vic’loque des Chinagos n’eusse pas été capab’ d’inventer. p.304 ruse
1975 Maman, les petits bateaux Le coup du larbin chinois, qui change les objets de place avant de les faucher. p. 187 serviteur
1954 Mes hommages à la donzelle Dites-vous toujours, lorsqu’une mousmé vous propose de jouer à la brouette chinoise, que c’est un truc qui ne se représentera peut-être jamais. p. 14 sexe
1965 Tango chinetoque Enfin quoi, dans un bled qui va sur son milliardième habitant, les nanas doivent pas rester vierges, ou alors le Saint-Esprit à installé à Pékin sa maison mère ! p. 120 sexe
1965 Tango chinetoque Si vous voulez mon avis, la Chinoise a tendance à être sèche, elle manque de rotondités. p. 203 sexe
1965 Tango chinetoque L’homme, il a beau être chinois, il déteste l’anguleux. Au plus y a du volume à palucher, au plus sa satisfaction est grande. p. 218 sexe
1976 Si « queue d’âne » m’était conté J’sus joyce d’penser que les gonziers, qui soyent anars ou tubars, bouddhiss ou pédés, chin’toques ou intelligents, y z’ont qu’un souci en tête : la lime ! p. 106 sexe
1976 Si « queue d’âne » m’était conté Mam’zelle Bronson, sa figoune l’entendait pas d’cette oreille, mon Chinois. p. 296 sexe
1992 Le silence des homards Sa dame rombière à quatre pattes sur mon lit, occupée à me briquer le chinois à l’encaustique de glandes. p. 132 sexe
1995 Turlute gratos les jours feriés Je vais faire la pige à Mister Bérurier, si mon Chinetoque n’explose pas. p. 186 sexe
1995 Turlute gratos les jours feriés Mais je peux me gourer, p’t’être qu’il a le chinois du siècle, le futur kinge, malgré ses étiquettes d’éléphant qui servent de ventilateur à Buquinjame et son tarbouif à la Croquignol qui vérifie que ses ribouis sont bien cirés. p. 155 sexe
1995 Turlute gratos les jours feriés Y arrive qu’é se met à vous rebricoler l’chinetoque tandis qu’vous s’êtes su’l’flanc à chercher vot’ souffle comme un thon frais pêché su’le pont du barlu. p. 17 sexe
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore Ils sont puissamment intelligents, les Jaunes, seulement le Seigneur leur a dévolu davantage de cervelle que de chibroque. p. 130 sexe
2000 Napoléon Pommier (dernier Hors série) Comme sensation, ça me rappelle une fellation au thé chaud que m’avait prodiguée une adorable Asiate. p.178 sexe
1965 Tango chinetoque Pas étonnant qu’ils veulent s’expanser, les Chinetocks, s’ils ont que la mer de sable d’Ermenonville en guise de potager ! p. 52 sur-population
1965 Tango chinetoque Des camions de riz cru, des camions de riz qui cuit, des camions-citernes emplis de thé, d’autres emplis d’eau, des camions où sont empilés les jeux de loto propres à la relaxation, d’autres encore où l’on a entassé les photos de Mao. p. 81 sur-population
2000 Napoléon Pommier (dernier Hors série) Bravo, mec, n’heureus’ment que j’ai pas tombé sur un taxoche bougne ou chinago ! p.210 taxi
1997 Ne soldez pas grand-mère, elle brosse encore Béru s’est fait déponer une bouteille de vin chinois, dont l’étiquette rouge, verte et dorée flanquerait des cauchemars à mes nobles amis d’Yquem. p. 31 vin

 

Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une étude sinologique, mais côté expression, voilà qui mérite qu’on s’y attarde. Nous sommes plus dans l’imagologie que la sinologie. Et pour le joyeux drille qui se sentirait pousser des ailes, il pourra toujours essayer de traduire ces quelques exemples en chinois. J’ai peur qu’on rie de cette traduction, mais un rire forcément jaune, tant on aura constaté nos limites. Problème de traductologie.

Quelques clés cependant : pékin, au sens de simple mortel issu du peuple et que les Chinois appellent Moumou 某某 (prononcez Momo), n’a aucun rapport avec la Chine : selon l’incontournable Bloch-Wartburg, ce terme relèverait de l’argot militaire du XVIIIème siècle, et viendrait de l’espagnol pequeño (malingre, petit). Quant à « chinois » au sens de verge, je me perds en conjoncture. Un rapport avec pequeño ?

Comme beaucoup, Frédéric Dard connaît la Chine principalement par des « on-dit », des « il paraît que » de comptoirs, il n’en demeure pas moins qu’il le raconte de fort belle façon.

(P. Doan)

Félicitations à Isabelle Anselme, docteure en études culturelles (Chine)

Félicitations à Isabelle Anselme (CRC – IRIEC) qui, après avoir obtenu les félicitations du jury lors de la soutenance de sa thèse sur le cinéma chinois, sous la direction de M. Patrick Doan, a reçu son diplôme de Doctorat le 12 février 2016, lors de la première cérémonie de remise des diplômes de Doctorat.

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La Présidente de l’Université Mme Anne Fraïsse et le directeur de l’Ecole Doctorale 58 M. Jean-Michel Ganteau ont remis son diplôme à Isabelle.

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Félicitations à l’ensemble de la promotion 2015 des jeunes docteurs de l’Université Paul-Valéry Montpellier

Pour plus de photos: https://photos.google.com/share/AF1QipMAc5KttmssoWE0t_Se3WMGivKL1I9OG5A9Pzvh_j0cID3Pbz1x0h3fnORuJUSkGw?key=cGRQeFhKb0tUUjNBQkZqNllIeFRNOGI2RVZGUEZB

Séminaires « Mémoire et archive » (CRC), jeudi 19/11 et lundi 30/11

Le Centre de recherche sur la Chine de l’IRIEC a le plaisir de vous convier aux séminaires du cycle « Mémoire et archive » :

 jeudi 19 novembre à 14h15 en salle des commissions (route de Mende) : Mémoire et écriture des événements de février-mars 1947 à Taiwan  par Gwennaël GAFFRIC, enseignant-chercheur à l’Université de Lyon 2,

– lundi 30 novembre à 12h15 en salle des commissions (route de Mende) : Les conflits mémoriels à Taiwan de 1947 à nos jours : une histoire taiwanaise entre discordance et multiplicité par Damien MORIER-GENOUD, MCF à l’Université Grenoble 3.

Conférence de l’écrivain WUHE annulée

Le centre culturel de Taiwan vient de nous apprendre que Wuhe devait, en raison de sérieux problèmes de santé, annuler son voyage en France.

Nous avons donc le regret de reporter sine die la rencontre avec l’écrivain, initialement prévue le jeudi 1er octobre à 17h30 et vous prions de bien vouloir nous en excuser.

Les œuvres de Wuhe (dont le texte original et  la traduction en français du roman « Les survivants ») seront disponibles à la bibliothèque de chinois (A03) de l’université.

Rencontre-conférence avec l’écrivain taïwanais Wuhe: « oppression et résistance – les évènements de Musha dans « Les survivants »

U9782742798001-1       U9789861736754-1

Nous avons le plaisir de vous convier

le jeudi 1er octobre à 17h30 en salle B308 (Université Paul-Valéry Montpellier) :

le département de chinois recevra l’écrivain taïwanais WUHE

pour une rencontre-conférence  :

OPPRESSION ET RÉSISTANCE – LES ÉVÈNEMENTS DE MUSHA DANS « LES SURVIVANTS »

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Entrée libre en fonction des places disponibles